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les illustrations de gustave doré

illustrations

Une seule gravure pour illustrer le conte proprement dit : il s'agit de la rencontre du loup et du Petit Chaperon Rouge, les deux autres illustrations de ce conte se trouvent dans l'introduction, d'abord le loup et le Petit Chaperon Rouge au lit, puis celle de la grand-mère dans son lit, abordée par le loup. On constate que Gustave Doré a présenté en images le conte à rebours. 
        L'illustration de la rencontre de la fillette et du loup présente le loup de dos, la gueule légèrement tournée vers l'enfant sur sa droite. L'enfant le regarde sans donner l'impression de craindre quoi que ce soit. La fillette tient dans sa main gauche la galette et le pot de beurre est pendu à son poignet gauche. De sa main droite elle indique une direction au loup, vers la gauche. Le décor est celui de la forêt, mais pas une forêt hostile, l'arrière plan est lumineux, comme éclairé par le soleil : le loup se trouve juste à côté du tronc d'un arbre qui doit être imposant au regard de la circonférence du tronc ; le Petit Chaperon rouge est devant un feuillage. La proximité du loup et de l'enfant est telle que le coude droit de l'enfant touche le flanc droit du loup. Seule frappe la disproportion entre le loup et l'enfant. 
        Cette illustration insiste sur l'absence d'interrogations de la part de la fillette, que le loup lui demande une direction lui semble tout à fait normal et pour le moins pas inquiétant. Par ailleurs cette illustration de l'élément perturbateur du schéma narratif du conte ne laisse en aucun cas augurer d'une fin tragique et dès lors on peut considérer qu'elle met en évidence la trop grande confiance et la trop grande naïveté de la fillette qui est incapable de deviner le moindre danger ou tout simplement l'absence de raisons d'avoir peur, elle n'a pas été mise en garde par sa mère, de toute évidence c'est la première fois qu'elle voit un loup et elle ignore tout de l'agressivité de cet animal.400px-dore-ridinghood.jpg
        Si on compare les regards des personnages dans les trois illustrations du conte, on remarque que c'est la grand-mère qui est la plus effrayée, elle est horrifiée et devine la fin tragique qui l'attend face à l'agressivité déjà très visible du loup, toutes griffes dehors et la mâchoire béante qui laisse voir ses dents acérées. Le chat (?) qui se faufile sous le lit en dit long sur sa peur. En revanche dans la scène qui montre le Petit Chaperon Rouge couché aux côtés du loup, si de fait son regard est moins "candide" que lors de la première rencontre, la fillette semble davantage étonnée qu'effrayée. Le loup quant à lui, ridiculement coiffé du bonnet de nuit de la grand-mère, semble bien sage, il regarde droit devant lui, et ne laisse paraître aucun signe d'agressivité. C'est à se demander si la fillette ne pense pas que sa grand-mère s'est déguisée en loup et non le contraire, ce que corrobore l'analyse de Bruno Bettelheim dans Psychanalyse des contes de fées,qui considère que " l'enfant voit sincèrement deux entités distinctes dans sa grand-mère : celle qui aime, et celle qui menace. Elle est bel et bien "Mère-Grand" et " le loup".

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