c.) représentatif d'une époque

la famille

XVIe - XVIIIe:

Du XVIe au XVIIIe, on parle beaucoup de la femme, que ce soit dans les fables, les sermons, dans le monde scientifique ou philosophique. Cependant, ces discours sont traversés par le désir de contenir la femme, de faire de sa présence une sorte d'absence, ou du moins une présence discrète, et bien délimitée. Ces discours ne montrent pas la femme, mais l'inventent. En effet, comme notre quatrième thème le montrait, la femme qui est si nécessaire par sa fonction de mère devient dangereuse dès qu'elle ne s'y restreint pas. On tente de définir sa place dans la société, de la confiner à certaines fonctions précises, en prenant garde qu'elle ne cherche pas ailleurs. A partir du XVe, paraissent des traités de famille, des livres de civilité et même des ouvrages médicaux insistant sur la fragilité du sexe féminin et sur le devoir de l'homme de protéger la femme contre ses propres faiblesses, en la dirigeant d'une main douce mais ferme. On rejoint ici notre deuxième thème, celui de la femme faible, incapable de se prendre en charge par elle-même et ne pouvant s'éduquer, progresser qu'à travers l'homme. Cependant, bien que restreinte et prisonnière de la loi des hommes, la femme cherchera toujours à s'imposer autrement, franchissant des barrières, s'imposant à l'histoire. Du XVIe au XVIIIe, le débat est vif entre les hommes et les femmes. Il est sur fond d'instabilités socio-politiques et de détériorisation des cadres de référence, tandis que le mode ecclésial se fendille. Il est encore sur fond de querelles religieuses. Ces trois siècles recèlent d'événements qui ont constamment fait bouger les rapports entre hommes et femmes. Les textes de l'époque le montrent bien, la femme y est nommée malicieuse, imparfaite, être d'excès et de diablerie. On a beau la dire douce et soumise, c'est plutôt sa cruauté et son excessive sexualité qui l'emportent dans les descriptions.

Bien que moquées, les Précieuses feront entendre leur voix. Descartes exercera son influence jusqu'à  ce qu'en 1673 Poullain de la Barre écrive quatre ouvrages sur l'égalité de l'homme et de la femme. Le XVIIIe qu'on appellera plus tard le siècle de la femme s'ouvrira sur un débat très animé autour de la raison des femmes.

L'éducation marquera bien-sûr la condition féminine. Entre le XVIe et le XVIIIe siècle les aspirations éducatives progressent. Répondant à l'exigence nouvelle de produire des cadres pour les Etats et pour l'Eglise. On révolutionne le modèle d'éducation, mais en y faisant une distinction évidente, tant qu'on n'a pas admis l'égalité des intelligences et des fonctions féminines et masculines. On parvient ainsi à deux éducations séparées, celle du dehors, pour les hommes: le latin, les lettres, l'histoire, et celle du dedans, pour les femmes: savoir tenir un logis, être domestique etc... La seule éducation à laquelle les femmes accèdent se fait pour l'homme, et n'a qu'une seule fonction: pouvoir soutenir une conversation avec son mari. Toute la vie de la femme est réglée par et pour l'homme. La femme se définit par rapport à sa relation avec lui. Economiquement dépendante de lui, elle est d'abord sous tutelle de son père puis de son mari. La femme doit souvent travailler pour subvenir aux besoins de la famille, mais cela ne lui permet toujours pas d'accéder à une certaine indépendance. Les femmes du tiers état naissent presque toutes pauvres, leur éducation est négligée ou vicieuse; après avoir appris le minimum, elles commencent à travailler, si elles ne sont pas belles, elles épousent sans dote des artisants, végètent dans les provinces, font des enfants qu'elles ne peuvent élever. Si elles sont belles, elles sont la proie du premier séducteur, font la faute fatale, vont à Paris ensevelir leur honte et s'y perdent, victimes du libertinage.

D'autres femmes parviennent à un statut meilleur, mais quelles que soient leur habilité  et leurs connaissances, elles n'ont jamais accès aus postes importants et sont confinées à leurs rôles de mineures dans des sous-fonctions. Beaucoup ont eu une grande influence sur l'histoire mais la majeure partie du temps à travers leurs maris, en tant que reine par exemple, enfin, par l'entremise d'un homme dont on se rappellera plus volontiers par la suite. Actives en politique, elles se sont battues souvent silencieusement, invoquant leur fragilité, leur innocence pour ne pas se faire soupçonner, c'est-à-dire utilisant ce qui d'un côté les restreignait. Beaucoup bien-sûr sont intervenues sur la scène publique, prenant part aux révoltes. Femmes de tout âge et de toute condition commencent à revendiquer leur droits, à montrer leur agressivité à l'égard des religieux, ce qui aura de lourdes retombées.

Les femmes du peuple tentent de s'échapper de leur rôle prédestiné et accédent à la marginalité, comme seul moyen de se rebeller, de s'affirmer. Elles tombent vite dans la criminalité, la prostitution, l'avortement, l'infanticide, les larcins qui sont autant d'amers moyens d'être ailleurs.

Enfin, les femmes que les hommes craignent sont celles qui prennent la parole, les habits et les atributs des hommes, et mettent le monde à l'envers. Les privilèges de la femme se sont retournés contre elle, ses visions multiples du monde, sa capacité à donner la vie ont en fait un objet de peur et ont abouti au doute sur sa capacité de penser, entraînant une exclusion dans tous les domaines.

Les enfants dans la famille  
 
On s'occupe plus volontiers d'un garçon qui héritera du nom et de la terre, que d'une fille qu'il faudra doter pour la marier . Plus tard on habillera indifféremment garçons et filles . L'enfant n'est pas encore considéré comme une personne, mais on commence à le reconnaître .  
Il n'est pas facile d'être un enfant au XVIIème siècle . Le mot lui-même signifie, étymologiquement, << celui qui ne parle pas >> . Les enfants n'ont pas le droit à la parole . Les petits nobles ne commencent à exister qu'à leur entrée dans le monde . 
 
Les enfants de la bourgeoisie commencent a apprendre quelques rudiments sous l'autorité d'un maître sévère . Les châtiments corporels pleuvent . Les élèves doivent d'ailleurs veiller au confort de la classe : ils apportent eux-mêmes de quoi chauffer les rares écoles . Les fils des paysans, eux, ne savent pour la plupart ni lire ni écrire . 
 

 

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